Fondation canadienne pour la littératie juridique
Parcours vers le droit
Parcours vers le droit s’intéresse aux obstacles à la connaissance du droit, à l’éducation juridique et aux carrières en droit en réunissant l’éducation aux droits, le mentorat, l’exploration des carrières et l’expérience communautaire.
Une éducation juridique ancrée dans les communautés
Le cadre du programme découle d’une réflexion sur les différents obstacles vécus dans les communautés nordiques, suburbaines et urbaines. Il tient compte notamment de l’éloignement des services juridiques, de la sous-représentation dans les institutions juridiques, de la pauvreté, de l’insécurité du logement, de la santé mentale et du besoin de soutien adapté aux réalités culturelles.
- Des ateliers en langage clair sur le droit et les droits juridiques.
- Des liens avec des personnes qui travaillent en droit, en défense des droits et dans la fonction publique.
- L’exploration des carrières et le développement du leadership.
- L’apprentissage entre pairs et les échanges ancrés dans la communauté.
Pourquoi Parcours vers le droit existe
Il n’y a pas de justice lorsque les étudiants sont exclus des systèmes censés les protéger.
Partout au Canada, des jeunes issus de communautés sous-représentées et marginalisées grandissent dans des milieux façonnés par la surveillance policière excessive, l’incarcération, la pauvreté intergénérationnelle et la négligence systémique. Beaucoup ont perdu des proches aux mains du système de justice pénale. Certains portent le traumatisme des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. D’autres voient leurs parents affronter des audiences d’immigration sans aide juridique, ou faire face à une éviction sans connaître leurs droits.
Trop souvent, les personnes les plus touchées par le droit sont les moins susceptibles d’entrer dans la profession juridique, non par manque de motivation ou de potentiel, mais parce que les chemins qui y mènent sont conçus pour les en écarter. Le coût d’un cours de préparation au LSAT ne devrait pas empêcher une future avocate en droits de la personne de défendre sa communauté. Un étudiant ne devrait pas avoir à choisir entre des emplois à temps partiel pour soutenir sa famille et des stages non rémunérés. Personne ne devrait grandir en croyant que le système juridique a été bâti pour tout le monde sauf pour soi.
Lorsque le système juridique continue d’être façonné par des personnes qui n’en ont jamais senti le poids, il ne protège pas celles qui en ont le plus besoin. C’est pourquoi Parcours vers le droit existe : pour s’attaquer à cette injustice à la racine.
Programmes régionaux
Le programme offre mentorat juridique, éducation et exposition aux carrières à des jeunes de trois régions mal desservies de l’Ontario : London, Peel et Thunder Bay. Il s’agit de bien plus qu’une initiative de carrière : il vise à donner aux jeunes les moyens de rompre les cycles d’incarcération, de discrimination et d’exclusion systémique, et à former une génération d’acteurs de changement issus des communautés que le système a trop longtemps laissées pour compte.
Programme Northern Pathways de Thunder Bay
Les obstacles
Le système de justice de Thunder Bay est depuis longtemps le lieu de difficultés systémiques pour les communautés autochtones et du Nord de l’Ontario. Historiquement, le système judiciaire a criminalisé de façon disproportionnée les peuples autochtones, reflétant des tendances nationales plus larges de surveillance policière excessive, de profilage racial et de représentation juridique insuffisante. Ces enjeux sont aggravés par les barrières géographiques, l’accès limité à des services juridiques culturellement adaptés et la discrimination systémique au sein des services de police, des tribunaux et des établissements correctionnels.
Les obstacles à la justice persistent sous plusieurs formes : absence de représentation juridique autochtone, difficultés à naviguer dans le système judiciaire en raison des différences linguistiques et culturelles, et soutien insuffisant pour les personnes faisant face à des accusations criminelles, à des questions de droit de la famille ou à des violations des droits de la personne. Pour beaucoup d’Autochtones de Thunder Bay, l’accès à la justice n’est ni équitable ni efficace, ce qui renforce les cycles de marginalisation et de traumatisme intergénérationnel.
Le programme
Devant ces disparités, le programme Northern Pathways de Thunder Bay est un programme pilote qui vise à former une nouvelle génération de professionnels du droit et de défenseurs issus de communautés marginalisées. Le programme cherche à combler les lacunes du système juridique en mettant en relation les jeunes de la région, en particulier les étudiants autochtones et d’autres groupes sous-représentés, avec des mentors en droit, des leaders communautaires, des étudiants universitaires et des professionnels du droit. En incitant les jeunes à envisager une carrière en droit, l’initiative vise un changement durable : accroître la représentation autochtone dans les professions juridiques et outiller les futurs leaders pour défendre la justice au sein de leurs communautés.
Le programme repose sur la conviction que la représentation dans le système juridique est essentielle pour démanteler les inégalités systémiques. Il nourrit l’espoir que les futurs avocats, juges et responsables des politiques proviendront de communautés historiquement mal desservies, afin que les structures juridiques de Thunder Bay et d’ailleurs deviennent plus représentatives des besoins des peuples autochtones et du Nord de l’Ontario et plus sensibles à ceux-ci. Ce programme est plus qu’une initiative éducative : c’est un mouvement pour transformer la justice de l’intérieur en donnant à la prochaine génération les connaissances et les compétences nécessaires pour renforcer ses communautés et faire avancer la réforme du droit.
Programme communautaire Pathways de la région de Peel
Les obstacles
Le paysage juridique de la région de Peel reflète la complexité de l’une des communautés les plus diversifiées et à la croissance la plus rapide au Canada. Malgré son identité multiculturelle, la région continue de composer avec des inégalités systémiques dans le système de justice, qui touchent particulièrement les communautés noires, sud-asiatiques, nouvellement arrivées et à faible revenu. Le profilage racial, le fichage, la surreprésentation dans les systèmes de justice pour les jeunes et les obstacles aux recours juridiques touchent ces populations de façon disproportionnée et perpétuent des cycles de marginalisation et de méfiance.
Les résidents de Peel se heurtent souvent à des obstacles à la justice : difficultés linguistiques, manque de services juridiques adaptés aux réalités culturelles, contraintes économiques et méconnaissance des droits et des procédures. Ces difficultés s’accentuent pour les personnes nouvellement arrivées et les jeunes racisés, plus susceptibles d’être criminalisés ou de passer entre les mailles d’un système surchargé. Pour beaucoup, le soutien juridique demeure hors de portée, en raison du racisme systémique et du manque de représentation au sein des institutions juridiques.
Le programme
L’initiative Peel Justice Pathways est un programme ancré dans la communauté qui vise à répondre à ces disparités persistantes. Axée sur la valorisation des jeunes issus de communautés historiquement exclues, notamment les populations noires, sud-asiatiques, à faible revenu et immigrantes, l’initiative cherche à mettre les étudiants en relation avec des mentors en droit, en défense des droits et dans la fonction publique. En s’associant à des professionnels du droit, à des éducateurs, à des intervenants communautaires et à des établissements postsecondaires, le programme offrirait des ateliers, des occasions de réseautage et du développement du leadership pour outiller la prochaine génération d’acteurs de changement.
Au cœur de l’initiative se trouve la conviction que la représentation et l’intervention précoce sont essentielles à un système de justice plus inclusif et équitable. En amenant les jeunes à se voir comme de futurs avocats, juges, responsables des politiques et défenseurs communautaires, elle vise à transformer le paysage juridique de Peel de l’intérieur. Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir des portes : il s’agit de réécrire le récit de qui détient le pouvoir dans le système de justice et de faire en sorte que les communautés diversifiées de Peel ne soient plus seulement assujetties au droit, mais qu’elles en soient les auteures.
Programme London City Pathways
Les obstacles
London, en Ontario, est une ville marquée par de profondes divisions socioéconomiques. Alors que l’insécurité en matière de logement, le chômage et le coût de la vie ne cessent d’augmenter, de nombreux résidents à faible revenu se retrouvent pris dans un cycle où la pauvreté, les difficultés de santé mentale et les problèmes juridiques sont étroitement liés. Pour les personnes qui vivent ces réalités, le système de justice paraît souvent plus punitif que protecteur, offrant peu de soutien et encore moins de secondes chances.
À London, les personnes en situation de pauvreté ou aux prises avec des problèmes de santé mentale se heurtent à de nombreux obstacles à la justice. L’accès à une représentation juridique abordable est limité, et beaucoup ignorent leurs droits ou sont incapables de les faire valoir. Des interactions courantes, comme l’intervention policière lors d’une crise de santé mentale ou un litige de logement, peuvent dégénérer rapidement et mener à la criminalisation plutôt qu’à des soins. Le recours excessif aux amendes, aux ordonnances et aux mesures d’exécution pèse de façon disproportionnée sur celles et ceux qui peinent déjà à combler leurs besoins de base.
Le programme
Le programme London City Pathways est une initiative citoyenne qui cherche à rompre ces cycles. Il soutient les jeunes et les adultes issus de milieux à faible revenu ainsi que les personnes vivant avec des troubles de santé mentale en les mettant en relation avec des mentors juridiques, des intervenants en santé mentale et des organismes communautaires. Par des ateliers, du soutien par les pairs et une éducation aux parcours en droit et en justice sociale, le programme permet aux participants de comprendre leurs droits, d’obtenir un soutien juridique équitable et d’envisager un avenir au-delà des obstacles qu’ils ont connus.
Fondé sur la conviction que la justice doit être accessible, empreinte de compassion et ancrée dans la communauté, le programme London City Pathways est plus qu’un programme de sensibilisation juridique : c’est une plateforme de changement durable. En investissant dans les personnes les plus touchées par les lacunes systémiques, l’initiative contribue à former une nouvelle génération de défenseurs capables de façonner un système juridique qui rejoint les gens là où ils sont, avec dignité, attention et compréhension.
Programme d’apprentissage
01
Ateliers éducatifs.
02
Occasions de mentorat.
03
Développement de carrière.
04
Engagement communautaire.
Mentorat
Le mentorat est envisagé comme un moyen de rendre les parcours juridiques plus faciles à comprendre et de relier l’apprentissage à l’expérience pratique. Une approche centrée sur la communauté valorise les questions, le vécu et les connaissances locales des participants.
Le programme de mentorat de l’Ontario
Le programme de mentorat de l’Ontario accueille des mentors seniors et des mentors juniors. Les mentors n’ont pas à être établis en Ontario; cette exigence ne s’applique qu’aux personnes mentorées.
Les rencontres se tiennent sur des plateformes virtuelles. Certaines occasions de réseautage sont réservées aux personnes retenues comme mentorées, tandis que beaucoup d’autres sont ouvertes à toute personne abonnée à la liste de diffusion.
Mentors seniors
Les mentors seniors doivent appartenir à l’une des catégories suivantes :
- Avocat en exercice comptant au moins un an d’expérience de travail en droit après l’obtention de son diplôme.
- Juriste universitaire comptant au moins cinq ans d’expérience depuis l’obtention de son diplôme en droit, en grande partie consacrée à des travaux universitaires importants.
- Professeur de droit comptant deux ans ou plus d’expérience d’enseignement en droit, ou titulaire d’un J.D. enseignant dans un domaine connexe.
- Conseiller aux admissions en droit actuellement en poste, ou l’ayant été au cours des trois dernières années, dans une faculté de droit canadienne, américaine ou britannique.
- Diplômé titulaire d’un J.D. dont le parcours après l’obtention du diplôme est susceptible d’intéresser les futurs juristes.
- Engagement : au moins une heure par semaine pour participer aux séances d’information, offrir des conseils et soutenir les personnes mentorées.
Mentors juniors
Les mentors juniors doivent appartenir à l’une des catégories suivantes :
- Étudiant universitaire inscrit dans une université canadienne ou américaine, en troisième ou quatrième année, en règle sur le plan scolaire.
- Étudiant inscrit dans une faculté de droit canadienne ou américaine, en règle sur le plan scolaire.
- Engagement : au moins trois à quatre heures par semaine pour soutenir les personnes mentorées, les rencontrer et planifier les activités.
Les candidatures comprennent un curriculum vitæ précisant la formation, l’expérience de travail pertinente et les coordonnées, ainsi qu’une lettre de présentation d’une page expliquant en quoi votre expérience ferait de vous un bon mentor. Les mentors juniors joignent aussi un relevé de notes non officiel récent. Écrivez-nous pour savoir si les candidatures sont ouvertes.
Série de conférences sur l’accès à la justice
La série sur l’accès à la justice réunit des conversations avec des juristes, des défenseurs des droits et des leaders communautaires qui parlent ouvertement des obstacles et des inégalités qui façonnent encore le système juridique canadien. Ce qui distingue la série, c’est son ancrage dans le vécu : les personnes invitées racontent leur propre parcours dans le système juridique, les lacunes qu’elles ont observées et les réformes qu’elles jugent nécessaires.
La série permet aux jeunes de milieux marginalisés de se reconnaître dans les conversations juridiques. Elle démystifie le langage du droit, rend les enjeux complexes plus concrets et invite à réfléchir de façon critique à la justice — servant à la fois d’outil éducatif et d’appel à l’action.